Afin d’exploiter un entrepôt logistique, vous devrez vous assurer de la sécurité des personnes et des biens qui s’y trouvent. Votre responsabilité peut être engagée en cas d'accident du travail, d’avarie sur marchandise ou d’atteinte sur toute personne extérieure. Afin d'établir des règles de sécurité en entrepôt, vous allez estimer les facteurs de risques et faire en sorte de pallier tout manquement légal ou social. Certaines exigences concernent le bâtiment lui-même mais la majorité d’entre elles vont s’appliquer sur les équipements additionnels et les bonnes pratiques. Comment savoir si votre entrepôt est conforme à la réglementation ? Comment déterminer la dangerosité des matériels avec lesquels vous travaillez ? Quels sont les équipements à prévoir impérativement ? On vous dit tout dans les lignes qui suivent.

Que dit la loi sur les règles de sécurité à mettre en place dans les entrepôts ?

Avant tout démarrage, il vous faut obtenir l’autorisation d’exploitation d’un entrepôt couvert. Cette autorisation est nécessaire ou non selon la superficie à exploiter. 

  • superficie inférieure à 5 000 m2 : pas d’autorisation à demander ;
  • superficie entre 5  000 et 50 000 m2 : déclaration en préfecture ;
  • superficie égale ou supérieure à 50 000 m2 : soumis à autorisation de la préfecture puis de la DREAL.

Votre établissement sera classé selon la norme ICPE (Installations Classées Protection de l’Environnement) qui couvre la manutention de marchandises en déterminant les obligations des exploitants selon les produits stockés. D’après ce classement ICPE, vous serez soumis à la mise en conformité sur :

  • les dispositifs de sécurité, notamment ceux liés aux incendies ainsi que ceux réservés aux personnes ;
  • la gestion des déchets ;
  • le système de stockage ;
  • le plan d’évacuation ;
  • l’accès pour les services de secours.

Parmi vos obligations, la tenue d’un registre des matières stockées est impérative, décrivant leur nature, les risques potentiels qu’ils peuvent engendrer et leur emplacement dans l’entrepôt.

Quelles sont les règles de sécurité en entrepôt ?

Respecter les règles de sécurité en entrepôt logistique reste un impératif dans ce milieu potentiellement dangereux, en raison des engins de manutention qui y opèrent. Des transpalettes, des chariots élévateurs, porteurs d’une charge lourde ou volumineuse, sont autant de matériels qui représentent une menace aussi bien pour les personnes que pour les marchandises. Afin d’assurer la sécurité des personnels et des marchandises, vous devrez travailler sur des sujets tels que les voies de circulation, une signalisation efficace, le type de matériels utilisés pour le stockage et les mouvements, etc. Autant de règles à respecter pour garder un entrepôt aux normes.

Les voies de circulation en entrepôt logistique

Beaucoup de personnes et de matériels sont en mouvement dans un entrepôt logistique. Réguler le trafic dans ces zones à risques impose de respecter des critères-clés de sécurité stricts.

Les voies de circulation pour les engins de manutention

Les allées dédiées aux appareils de manutention, tels que les chariots élévateurs et les transpalettes, doivent mesurer au minimum 6 mètres de largeur, 4,50 mètres en hauteur et rester à plat avec une pente inférieure à 12 %. Elles seront matérialisées par un marquage au sol indiquant le sens de circulation. Elles peuvent s’accompagner de panneaux en hauteur ou même de feux tricolores pour une meilleure visibilité, indiquer un sens interdit ou attirer l’attention de l’opérateur sur un endroit précis. Ces allées devront également être correctement éclairées par des points lumineux en nombre suffisant.

Les voies de circulation pour les piétons en entrepôt logistique

En ce qui concerne la circulation des piétons, des allées leur seront imposées. Il est formellement interdit de se déplacer à pied hors des zones désignées, car elles jouxtent directement les allées des engins de manutention. Les allées pour piétons sont généralement bordées de barrières en plus d’une matérialisation au sol précise, parfois lumineuse. Les barrières répondent également à une norme spécifique qu’il faudra respecter. Retenez que le piéton est toujours prioritaire dans un entrepôt. Il doit évidemment faire attention, mais les opérateurs d’engins doivent, comme sur la route, rester maîtres de leurs véhicules.

Quel matériel de stockage dans un entrepôt logistique ?

Le stockage de marchandises se fait habituellement sur des rayonnages nommés palettiers. Ce sont des racks composés de montants et de lisses en acier, capables de supporter des palettes chargées. À ce titre, la majorité des produits sont conditionnés sur des palettes en bois, dont le format standard est de 80 x 120 cm et entourées d’un film de protection. Leur hauteur dépend bien sûr de la hauteur de votre entrepôt mais aussi de la hauteur de travail de vos chariots élévateurs. Certains palettiers peuvent être automatisés de façon à descendre les palettes de façon autonome. Tout comme certains robots sont capables de prélever seuls de petites caisses et cartons en préparation de commandes. Les pieds des palettiers doivent être solidement ancrés dans le sol. Ceux qui forment l’angle d’une allée doivent être protégés des chocs par des barrières épaisses spécifiques.

Certaines marchandises longues ou volumineuses nécessitent d’être stockées au sol. Dans ce cas, vous devrez matérialiser une zone de stockage par un marquage au sol spécifique. 

Gardez toujours à l’esprit de stocker vos produits de façon à faciliter leur préhension par les fourches d’un engin de manutention, les entrées de palettes toujours tournées vers l’avant.

Quel matériel roulant en entrepôt logistique ?

On trouve principalement des chariots élévateurs et des transpalettes dans les entrepôts logistiques. Si tous les deux sont capables de porter des charges lourdes, ils développent des aptitudes différentes. Les chariots permettent un travail en hauteur : monter et descendre des palettes dans un palettier ou dans un camion, gerber des palettes, manipuler des charges volumineuses, etc. Les chariots peuvent être propulsés par différentes énergies comme le gaz ou l’électricité. Il y a des règles à respecter à ce sujet : les chariots à gaz peuvent circuler partout mais uniquement dans un environnement bien ventilé, les chariots électriques n’ont pas le droit de sortir de l’entrepôt et sont réservés à des lieux couverts.

Les transpalettes, quant à eux, sont réservés à un travail au sol. Manuels ou électriques, que ce soit pour ranger des palettes, ou les amener à un quai de chargement, ils sont les “petites mains” indispensables des entrepôts. Leur utilisation ne nécessite pas de permis, mais une autorisation pour les transpalettes électriques, alors que la conduite de chariot élévateur exige un permis cariste.

Les dispositifs de sécurité pour les personnes en entrepôt logistique

Le personnel ou les visiteurs qui interviennent en entrepôt logistique sont tenus de respecter un certain formalisme pour assurer leur sécurité. Le premier point concerne le port d’équipements de protection individuelle. Ensuite, le respect du balisage dans les zones à risques renforce les mesures de protection. Votre responsabilité peut être engagée si un piéton se blesse en dehors de sa voie de circulation faute d’information. Enfin, la connaissance précise de l’environnement de travail reste un élément préventif des risques professionnels.

Quels sont, en général, les EPI à porter dans un entrepôt ?

Les équipements de protection individuelle regroupent généralement les chaussures de sécurité, dont le bout est renforcé à l’intérieur par une coque en acier, le gilet de couleur vive ou fluo et les lunettes de protection. Un casque peut parfois venir étoffer l’ensemble, mais il est plutôt usité sur les chantiers.
La règle exige que toute personne qui intervient dans un entrepôt doit porter ces EPI, y compris vos visiteurs. S’il est facile de mettre un gilet à leur disposition, le prêt de chaussures n’est pas toujours possible. Dans ce cas, des coques à bout métallique s’adaptent sur les chaussures de ville grâce à des élastiques et conviennent à n’importe quelle pointure, pour un usage temporaire uniquement.

Les formations du personnel intervenant en entrepôt logistique

Le personnel doit être conscient des risques professionnels encourus sur leur lieu de travail. Outre l’obligation d’afficher des messages de prévention, certains métiers se verront imposés des formations, des attestations voire des permis. C’est notamment le cas des caristes qui devront avoir le permis de conduire des chariots élévateurs (CACES).

En matière de sécurité, certains de vos salariés devront également suivre une formation aux premiers secours, devenant des sauveteurs secouristes du travail (SST). Il est obligatoire d’avoir un salarié de ce type dans chaque corps de métier et à chaque temps posté. Notez que EPI signifie également “équipe de première intervention”, et là il s’agit de salariés formés pour intervenir directement sur des incidents légers, tels qu’un feu de poubelle ou une fuite de liquide.

Qui est responsable de la sécurité dans un entrepôt ?

C’est le responsable du service logistique qui est en charge de la sécurité dans son entrepôt. Il est aidé dans sa tâche par un préventeur, sur qui repose la veille et l’application des normes en vigueur, notamment les NF 15620 et NF 15629 sur lesquelles reposent le dimensionnement et le système de stockage. Le directeur du site reste, quant à lui, pénalement responsable de tout dommage corporel ou matériel qui entraînerait une action en justice. Optimiser ses flux logistiques reste un travail d’équipe dont les responsabilités se partagent à tous les niveaux hiérarchiques.

Ce qu’il faut retenir des équipements à prévoir impérativement dans un entrepôt logistique

Afin de se conformer aux règles de sécurité imposées par les normes régissant le stockage de marchandise, vous devrez veiller à munir vos salariés et bâtiments :

  • des EPI pour toutes les personnes intervenant dans l’entrepôt ;
  • de voies de circulation dédiées aux piétons et aux engins de manutention ;
  • de protection incendie : portes coupe-feu, RIA, bassin pour aspersion + buses d’arrosage, extincteurs, etc. ;
  • de chauffage et climatisation pour les activités qui les réclament, type produits sensibles ou craignant l’humidité ;
  • de systèmes de traitement des eaux usées, des déchets, ou des matières dangereuses ;
  • de sorties de secours tous les 50 mètres.

Quels sont les trois critères les plus importants pour l’entreposage ?

Afin de bien organiser son entrepôt de stockage tout en diminuant les risques d’accident, il faudra porter l’accent sur :

  • le respect des règles de sécurité ;
  • la conformité perpétuelle avec les normes en vigueur ;
  • la prévention des risques et la formation sur les bonnes pratiques.

Vous serez aidé dans la gestion de votre entrepôt par tous les acteurs parties prenantes au projet. Les contrôles récurrents de la DREAL éviteront tout manquement à la législation en vigueur. Et vous obtiendrez les remontées d’informations des personnels qui utilisent les matériels et les lieux. La sécurité étant l’affaire de tous, n’hésitez pas à prendre conseil auprès des instances compétentes.

Équipe CGE emballages

Équipe CGE emballages